lundi 13 novembre 2006

Période pré-coloniale

L'Espagne, ulcérée par les succès des colonisations accomplies par la France, s'est jetée sur les Jaâfarine, îlots en Méditerranée qu'elle occupa en mai 1848. Et pour noyer sa déconfiture politique interne, provoque la guerre de Tétouan en 1859-1860 ce qui imposa au Maroc de nouvelles et lourdes pertes humaines en sus de l'indemnité de guerre qui aggrava encore plus sa désastreuse économie.

Son hégémonisme ne fut stoppé que par le sultan Moulay Hassan 1er, mais à son décès en 1890, et la mort du Régent, Ben Moussa dit Ba Ahmad en 1900, les manœuvres coloniales reprennent de plus belle sur le Maroc, la France en premier, occupa et intégra d'immenses terres marocaines dans son département de l'Algérie française entre 1902 et 1904.

Il s'agit outre Lalla Maghnia et le Sahara central touchant la frontière du Mali, le Touat, Tidikelt, la Saoura, Béchar, Jorf Torba, Abbadia, Métarfa, Hassi Regel, N'khaila, El Hamira, Kenadsa, Sahela, Merkala, Timimoun, etc.

La Conférence Internationale tenue à Algésiras en 1906 sur le Maroc, a aboutit au traité de Fès, instituant le régime du protectorat français le 30 mars 1912, et le sous protectorat espagnol sur le nord du Maroc (Tanger exclue) en octobre de la même année.

1894 : mort de Moulay-al-Hasan, proclamation du nouveau sultan, le jeune Moulay Abd el-Aziz. Mais la réalité du pouvoir appartient à Ba Ahmed, ce qui montre l’influence des éléments noirs dans les affaires marocaines.
1900 : les finances marocaines prospèrent grâce aux résultats de l’action économique de Moulay al-Hasan. Cela garantit au Maroc l’indépendance nationale.
1900 : mort de Ba Ahmed qui est remplacé par le prodigue Moulay Abd el-Aziz. Ces dépenses favorisent l’intervention des organismes de crédit européens dont la banque de Paris et des Pays-Bas.

Maroc (1660 - 1912)

Les Saadiens ne tardent pas à être victimes de nouveaux-venus, les alaouites du Tafilalet, qui tirent leur nom d'une lointaine parenté avec Ali, le gendre du Prophète ! C'est l'héritier de cette dynastie, en la personne de Mohammed VI, qui dirige aujourd'hui le Maroc.

Le fils du fondateur, Moulay Ismaïl, contemporain de Louis XIV, déplace sa capitale à Meknès, à 60 kilomètres de Fès et non loin de l'antique Volubilis. Il repousse différentes offensives européennes et lutte avec un certain succès contre les tribus berbères insoumises des montagnes.

Saadiens (1555-1659)

Les Saadiens sont une dynastie arabe chérifienne originaire de la vallée du Draâ ayant régné au Maroc. Elle fut au pouvoir de 1511 avec le sultan Abou Abdallah Mohammed. À partir de 1554 elle contrôle entièrement le Maroc, alors que l'est du Maghreb est sous le contrôle des Ottomans et que les Portugais tentent de s'installer sur la côte atlantique. Elle prit fin en 1659 à la mort du sultan Ahmad II.


1627-1638 Republique du Bou Regreg (Rabat et Sale)
1631-1666 Tafilalet

Dynastie Wattasside (1465-1555)

Les Wattassides ou Ouattassides ou Banû Watâs venaient d'une tribu berbères Zénètes comme les sultans Mérinides. Ces deux familles étaient apparentées et les Mérinides ont recruté de nombreux vizirs chez les Wattassides. Les vizirs wattassides prirent peu à peu le pouvoir que le dernier sultan mérinides perdit complètement en 1465. Il s'en suivit une période de confusion qui dura jusqu'en 1472. Le Maroc se trouva coupé en deux avec au sud une dynastie arabe émergeante, les Saadiens, et au nord le sultanat wattasside.

En 1472, les Mérinides venaient de perdre leurs territoires andalous et ils ne conservaient plus que Gibraltar (1340) et les Hispaniques commençaient à occuper les côtes, Ceuta avait été prise par les Portugais (1415). En dépits de leurs rivalités les musulmans et les chrétiens continuaient à avoir de bonnes relations commerciales.

Les Wattassides donneront finalement le pouvoir à une dynastie se réclamant de ses origines arabes chérifienne les Saadiens (1554). Cette période d'un siècle, marque un regain de la foi musulmane.

Mérinides (1248-1465)

Au Maroc proprement dit, le chef berbère Abou Yahia chasse les derniers Almohades et fonde la dynastie des Mérinides. Après quelques belles réalisations dans les domaines artistiques et culturels, les Mérinides manifestent leur faiblesse face à l'expansion des Portugais qui occupent le port de Ceuta, près du détroit de Gibraltar, en 1415, et commencent de grignoter le littoral.

Almohades (1147-1248)

Dans le Haut Atlas, un lettré du nom d'Ibn Toumert prêche le retour à une foi en l'unicité de Dieu. Lui-même se présente comme un «Mahdi» (guidé par Dieu). Après sa mort, ses disciples, les Almohades (d'un mot arabe qui désignent ceux qui proclament l'unicité de Dieu) partent en guerre contre les Almoravides sous la conduite d'Abd el-Moumin.

Celui-ci défait les Almoravides en 1147 et, s'arrogeant le titre religieux de calife, s'occupe de consolider l'administration de son État et de fonder des universités. On lui doit la célèbre Koutoubia de Marrakech. Ses descendants vont régner avec brio sur l'empire almohade pendant un demi-siècle, jusqu'à ce qu'ils soient eux-mêmes défaits par les chrétiens en 1212 à Las Navas de Tolosa.

Almoravides (1069-1147)

Les Sanhadja sont organisés sous la forme d'une confrérie religieuse et combattante. On les appelle Almoravides, de l'arabe el-morabitum qui veut dire : ceux du ribât, le ribât désignant une sorte de monastère musulman. Ils détruisent le royaume africain du Ghana, sur les bords du Niger, en 1058, avant de remonter vers le nord sous la conduite de Youssef ben Tachfin (ou Youssouf ibn Tachfin).

Dans une oasis au pied du Haut Atlas, le chef des Almoravides fonde Marrakech, deuxième ville impériale du Maroc, qui donnera son nom au pays. Puis il conquiert la moitié de l'Afrique du Nord. Il traverse enfin le détroit de Gibraltar pour secourir les émirs omeyyades, en butte à l'offensive du roi chrétien de Castille Alphonse VI (assisté d'un fameux chevalier, le Cid). Les Almoravides écrasent les Castillans à Zallaca (aujourd'hui Sagrajas) en 1086.

Marrakech devient la capitale d'un empire immense, du Niger au Tage, mais celui-ci est fragilisé par le dogmatisme et l'intolérance religieuse des Almoravides.

Idrissides (789 - Xe siècle)

Tandis que se reconstituent de petits royaumes berbères au sud du pays, notamment dans le Tafilalet, un prince arabe de la famille de `Ali, quatrième calife de l'islam) se réfugie dans le Moyen Atlas et les Berbères locaux le portent à leur tête en 789 sous le nom d'Idriss Ier.

Il est assassiné par un agent du calife mais son fils posthume, Idriss II, arrive à fonder la première pays on Maroc, avec Fès pour capitale.

Peu avant l'an Mille, les Idrissides disparaissent, victimes des Fatimides, venus de Tunisie puis d'Égypte, et des Omeyyades de l'émirat de Cordoue, en Espagne. Une nouvelle dynastie, proprement berbère, se lève dans les dunes du Sahara, au sein de la tribu des Sanhadja, proches parents des Touaregs.

Le 5 février 789, un prince arabe chassé de Bagdad se fait reconnaître comme roi par les Berbères d'Afrique du Nord.

C'est la naissance du Fes, deuxième État musulman après l'Omeyyades d'Espagne à s'émanciper du califat de Bagdad.

Les disciples du prophète Mahomet s'étaient emparés de l'Afrique du Nord en quelques années. Mais les tribus berbères des montagnes n'avaient eu de cesse de se révolter contre les envahisseurs arabes.

Fuyant les combats entre factions musulmanes, un prince arabe (on dit aussi chérif) se réfugie dans le Moyen Atlas. Il s'appelle Idriss et n'est autre qu'un petit-fils d'Ali et de Fatima, la fille de Mahomet.

Idriss est accueilli par la tribu berbère des Aouraba, qui vit autour de Volubilis (Oualila en berbère), une ville créée par les Romains au cœur de la Maurétanie Tingitane. Reconnu comme roi, le nouveau venu rejette l'autorité du calife de Bagdad et prend le nom d'Idriss Ier.

Après trois ans de règne, il est assassiné par un agent du calife Haroun al-Rachid. Mais il laisse une femme enceinte. Celle-ci donne le jour à un fils qui règnera plus tard sous le nom d'Idriss II.

Le nouveau roi unifie le nord du Maroc autour de sa dynastie, les Idrissides. Il quitte Oualila et transfère sa capitale à Fès, dans une magnifique vallée du Moyen Atlas. La ville devient ainsi le premier foyer de la culture marocaine.

Adossé aux premiers versants du massif du Zerhoun, au-dessus de la plaine fertile de Meknès, le village de Moulay Idriss entoure de ses maisons blanches la tombe du premier roi du Fes.

À quelques kilomètres de ce haut lieu de pèlerinage, on peut aussi flâner dans les ruines émouvantes de la cité romaine de Volubilis.

Le royaume va vivre dans une farouche indépendance, non sans développer des relations étroites et parfois violentes avec les califes Omeyyades d'Espagne.

La culture marocaine, fécondée par les tribus nomades du Sud saharien, s'est développée en complète autonomie, à l'écart des influences arabes et turques.

Les minarets à section carrée, tels que la Koutoubia de Marrakech ou la Giralda de Séville (copie conforme de la première), en sont l'illustration. Ils se distinguent des minarets fuselés d'inspiration turque que l'on retrouve en Algérie, en Tunisie et au-delà.

L'islamisation / Émirat de Nekor

Le royaume de Nekor était un émirat dans la zone qui correspond au Rif actuel au Maroc, avec une capitale au début à Temsamane puis plus tard à Nekor. Il a été fondé par un immigré d'origine arabe méridionale, Al-Himyari de Mansour d'ibn de Salih en 710, par succession califale. Il convertit les tribus locales berbères à l'islam. Fatigué par les restrictions de la religion, ils le chassent en faveur d'une personne connue sous le nom d'az-Zaydi de la tribu de Nafza. Les Berbères changent d'avis et rappellent ensuite Ibn Salih. La dynastie des Banu Salih règne sur la région jusqu'en 1019.

À l'est, le royaume inclut les tribus de Zouagha et de Djeraoua d'Al-’Ais d'Abi d’ibn, à cinq jours de voyage de Nekor, encadrant au territoire du Matmata, Kebdana, Mernissa, Ghassasa du mont Herek, et de Qulu’Jarra, appartenant au Beni Ourtendi.

À l'ouest, il est prolongé au Beni Marwan de Ghomara et au Beni Humayd, et a encadré le Mestassa et le Senhaja. Derrière elle s’étendait jusqu’à l'Awraba, la bande de Ferhun, du Beni Oulid, du Zenata, du Beni Irnian, et du Beni Merasen de la bande du seigneur de Qasim de Sa.

Au nord, il était limité par la mer, à environ cinq milles de Nekor. En résumé, il occupait une certaine partie du rif marocain.

Les souverains Banu Salih furent :

Salih I ibn Mansur al-Himyari "al-’Abd as-Salih" (710-749)
al-Mu’tasim ibn Salih (749-?), connu pour être très pieux.
Idris I ibn Salih (?-760), qui decouvrit Nekor
Sa’id I ibn Idris (760-803), qui a déplacé la capitale à Nekor. Sous son règne, Nekor fut saccagée par les Normands, qui capturèrent beaucoup de prisonniers, dont quelques-uns qui furent rachetés par le souverain omeyyade d'Espagne. Plus tard, une partie de la tribu de Ghomara s'est révolté, mené par une personne appelée Segguen ; leur révolte a été matée.
Salih II ibn Sa’id (803-864), dont le frère a mené une révolte contre lui, mais a été vaincu.
Sa’id I ibn Salihibn (864-916) ; son frère et oncle plus âgés ont mené une révolte non réussie contre lui, mais il a été finalement vaincu et tué par le général fatimide Messala ibn Habus, qui a conquis le secteur durant six mois. Cependant, ses fils ont fui à Malaga auprès du calife omeyyade, et sont revenus une fois que Messala était parti de la région et chassa avec succès sa garnison.
Salih III ibn Sa’id (917-927) ; En remerciement, il a reconnu les califes omeyyade légitimes, de ce fait il transfère son allégeance nominale.
Abd Al-Badi ibn Salih "el-Mu’ayyid" (927-929) ; il a été vaincu et tué par un autre général fatimide, Musa ibn Abi’l-Afiya, qui a encore détruit Nekor. Cependant, la ville a été reprise et reconstruite par
Abu Ayyub Isma’il ibn ’Abd al-Malik ibn Abd ar-Rahman ibn Sa’id I ibn Salih (930?-935), qui a été vaincu et tué par encore un autre général fatimide, Sandal el-mawla. Cependant, quand Sandal est parti pour Fez, installant un gouverneur appelé Marmazu de la tribu des Ketama, les habitants se sont rebellés et installèrent à nouveau un autre membre de la dynastie.
Musa ibn Roumi ibn Abd as-Sami’ ibn Salih ibn Idris I ibn Salih (936?-940), qui a défait Marmazu et a envoyé sa tête au Calife omeyyade à Cordoue. Cependant, il a été bientôt exilé par son parent :
Abd as-Sami’ ibn Jurthum ibn Idris ibn Salih I ibn Mansour (940-947). Son peuple se revolta et le tua. Le peuple fit venir un de ses parents de Malaga.
Jurthoum ibn Ahmad ibn Ziyadat Allah ibn Sa’id I ibn Idris (947-970), qui adopta l’École de jurisprudence malékite.
Dès lors, le royaume demeura sous cette souveraineté jusqu'à ce que l'émir Azdâji Ya’la ibn Futuh l'ait conquise en 1019 et ait chassé la famille regnante.

Les Berbères de l'Afrique du Nord

Cette population habite le nord des pays du Maghreb : le Maroc, l'Algérie et la Tunisie et les îles Canaries. Ils se nomment eux-mêmes Imazighen (pluriel de Amazigh, « homme libre »). Leur histoire est mouvementée. Le terme berbère est dérivé de barbare, employé par les Romains et les Grecs pour désigner les peuples de l'Antiquité (comme les Gaulois, Germains, Peuples de l'Afrique du Nord…) n'appartenant pas au monde gréco-romain, comme non civilisées (voir l'article barbare pour plus de détails).

Cette population habitait déjà les montagnes et les déserts des milliers d'années avant que l'islam y soit introduit au VIIe siècle. Ces populations sont les descendants des maurisius, fondateurs de l'empire carthaginois, ou celui de Maurétanie Tingitane dont la capitale est Tingis (Tanger actuellement).

Antiquité

Les Phéniciens, commerçants entreprenants, s'installent sur les côtes du Maroc dés le XIe siècle av. J.-C. et fondent des ports-comptoirs comme Tingi (Tanger) ou Lixus (Larache) Anfa… Sala Colonia

Les Romains s'y installent vers le IIe siècle av. J.-C., après la destruction de Carthage mais ils ne conquièrent qu'en 40 le royaume des Maures qui devient la Maurétanie Tingitane (qui comprend outre le Maroc, la Mauritanie et une bonne partie de l'Algérie). Leur domination se limite aux plaines du nord (Volubilis près de Meknès), ayant à lutter sans cesse contre les Berbères montagnards. Au IIIe siècle, les Romains se cantonnent dans les régions côtières.

Voir aussi : Listes des villes au Maroc fondées par les phéniciens